Octobre se termine et je n'ai pas pris le temps d'écrire un article sur la sortie de l'album des Sex Pistols, Never Mind the Bollocks. Je voulais le faire et Fernand Naudin m'a devancé sur son blog https://monsteronyourback.blogspot.com/. Son texte vaut vraiment le détour, je viens de le lire deux fois de suite, j'ai appris plein de trucs. Allez y faire un tour: https://monsteronyourback.blogspot.com/2026/10/monster-story-never-mind-bollocks-heres.html
Donc, au lieu de vous parler de l'album, je vais évoquer la guerre qui s'est opérée entre Barclay et Virgin avant et pendant la sortir du disque. Tout d'abord, en septembre 1977 la compagnie française décide d'exporter le 45 tours Anarchy in the UK/I wanna be me au Royaume-Uni au format 7 et 12 pouces. Le disque est interdit là-bas depuis que EMI a mis fin au contrat avec le groupe et il est difficile de trouver des exemplaires en magasin, en plus le pressage 12 pouces est vraiment nouveau pour les anglais, le 45 tours sur EMI n'est jamais sorti dans ce format. Inutile de vous expliquer qu'outre Manche, l'arrivée du disque est très mal vécue par Virgin qui essaye par tous les moyens légaux de l'empêcher mais ni Malcolm McLaren ni les tribunaux ne peuvent empêcher Barclay de faire du commerce. McLaren n'essaye même pas d'interdire quoi que ce soit, il est en compétition avec le patron de Virgin, Richard Branson, depuis que ce dernier a obtenu le passage de Pretty Vacant à Top Of The Pops contre sa décision au mois de juillet, alors il ne veut pas lui faire de cadeau.
Comme si cela ne suffisait pas à agacer les anglais, Barclay décide de sortir le 45 tours Holidays in the sun avant Virgin. La date prévue pour l'Angleterre étant le 14 octobre, les français tirent les premiers et sortent le disque avant la fin du mois de septembre, voir le site www.philjens.plus.com pour plus d'info. La pochette a été réalisée par Jamie Reid qui s'est servi, sans demander, d'une publicité d'agence de voyage belge. Vous devinez la suite? L'agence menace de porter plainte, Virgin fait un chèque et tout entre dans l'ordre.
Autre blague, Never Mind the Bollocks est prévu pour octobre, mais là encore, Barclay ne respecte pas la date prévue par Virgin, le 28 octobre, et sort l'album le 18 (certains affirment que c'est le 11 mais les seules sources fiables que j'ai trouvé indiquent le 18). C'est un 11 titres qui exclue Submission. Branson est furieux et il n'a pas fini. L'Angleterre sort également un 11 titres, identique au français, pochette rose et jaune. Ni une ni deux, Barclay change les règles du jeu une nouvelle fois en sortant un douze titre avec une pochette de couleur saumon et verte et la mention 'includes Submission' en gros pour que les clients comprennent que c'est une nouveauté. Vous devinez la suite, la compagnie française ne se prive pas d'exporter cette version au Royaume-Uni ce qui crée un véritable vent de panique chez Virgin. Branson décide d'ajouter un 45 tours avec Submission (rien en face B) et un poster au pressage original 11 titres mais les clients préfèrent acheter l'album complet et cela oblige Virgin a refabriquer une version avec 12 titres comme le pressage français. Enfin, Barclay revient à la pochette jaune et rose.
L'année suivante, Virgin sort un picture disc avec la même photo sur les deux faces, ce que ne fait pas Barclay qui finit par vendre le catalogue Sex Pistols aux anglais.
Ce disque me suit depuis longtemps, mon frère ainé l'écoutait en boucle à sa sortie, et je crois qu'avec les premiers albums des Clash et Damned, il fait partie de ce qui m'a vraiment fait basculer dans le punk.
J'aurais pu évoquer le bootleg Spunk mais Fernand Naudin l'a fait avant moi et son article est tellement riche que je ne vois pas ce que je peux ajouter. https://monsteronyourback.blogspot.com/2024/01/the-life-and-times-of-sex-pistols-spunk.html
Stay punk !









